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Avis ds3 crossback electrique : points forts, faiblesses et coûts d’usage au quotidien

Avis ds3 crossback electrique : points forts, faiblesses et coûts d’usage au quotidien

La DS3 Crossback électrique, rebaptisée depuis « DS 3 E-Tense », c’est un peu l’anti-Tesla de centre-ville : compacte, chic, bardée de détails qui divisent, mais pensée pour ceux qui veulent rouler branché sans renoncer au confort façon salon parisien. Sur le papier, c’est le cocktail parfait. Sur la route, au quotidien, c’est plus nuancé.

Après plusieurs essais, pas mal de retours de propriétaires et quelques calculs de coûts d’usage, voici un avis sans filtre : points forts, faiblesses et ce que cette DS3 électrique vous coûtera vraiment au quotidien.

DS3 Crossback E-Tense : c’est quoi au juste ?

Sous la robe très travaillée de la DS3 Crossback E-Tense, on retrouve la plate-forme électrique bien connue du groupe Stellantis (ex-PSA), partagée avec les Peugeot e-208, Opel Corsa-e et autres cousines électriques.

Techniquement, ça donne :

  • Moteur : 100 kW (136 ch), 260 Nm
  • Batterie : environ 50 kWh bruts (environ 45 kWh utiles)
  • Autonomie WLTP : autour de 320 km selon versions
  • Recharge AC : jusqu’à 11 kW sur borne adaptée
  • Recharge DC : jusqu’à 100 kW en pointe (dans le meilleur des cas)

Sur le papier, rien de révolutionnaire, mais un ensemble cohérent pour un usage urbain et périurbain. Là où DS veut faire la différence, c’est sur l’ambiance à bord, les matériaux, l’insonorisation et la présentation globale. En gros : même base qu’une e-208, mais avec un costume sur mesure.

Ce qu’elle fait très bien : les vrais points forts

Si la DS3 Crossback électrique a ses défauts, elle a aussi de vraies qualités qui plaisent beaucoup à ceux qui passent le pas. Voyons d’abord ce qu’elle réussit franchement bien.

1. Un confort vraiment au-dessus de la moyenne

C’est LE point qui revient systématiquement dans les retours de propriétaires : le confort. DS a bossé l’insonorisation et la filtration des bruits bien plus sérieusement que beaucoup de concurrentes.

  • Suspensions plutôt souples (sans être une barque)
  • Très bon filtrage des petites irrégularités en ville
  • Silence de fonctionnement de l’électrique + isolation phonique soignée

Résultat : en ville, c’est feutré. Sur voie rapide, à 110 km/h, on est étonnamment bien isolé pour un petit SUV. Pour les trajets domicile-travail, c’est un vrai plus. On sent clairement l’ADN « premium » voulu par DS.

2. Un style qui ne laisse pas indifférent

On aime ou pas, mais la DS3 ne passe pas inaperçue. Ligne haute, calandre imposante, détails de style partout (peut-être même un peu trop, selon les goûts). Si vous fuyez les voitures banales, elle coche la case.

À bord, même constat :

  • Matériaux flatteurs sur les versions bien équipées (cuir, surpiqûres, inserts travaillés)
  • Planche de bord au design original (certains diront « chargé », d’autres « raffiné »)
  • Ambiance lumineuse et sonore soignée

Ce n’est pas la plus rationnelle des électriques, mais c’est l’une des plus « valorisantes » pour qui accorde de l’importance à l’ambiance intérieure.

3. Agrément de conduite en ville et sur petites routes

136 ch sur une voiture de ce gabarit, avec un couple disponible immédiatement, ça donne une conduite agréable et suffisamment dynamique pour le quotidien.

  • Relances vives jusqu’à 70–80 km/h
  • Direction assez précise
  • Gabarit compact idéal pour se faufiler et se garer facilement

Ce n’est pas une sportive (et ce n’est pas le but), mais on ne se sent jamais à la peine pour s’insérer ou doubler sur nationale.

4. Une qualité de fabrication globale sérieuse

Les assemblages sont propres, pas de grincements excessifs à bord, les ajustements extérieurs tiennent la route. Face à certaines concurrentes électriques asiatiques au même prix, la DS3 peut revendiquer un réel soin de fabrication et une certaine durabilité perçue.

Là où ça coince : les faiblesses à connaître avant d’acheter

Maintenant, les choses qui fâchent. Car oui, la DS3 Crossback électrique a des zones d’ombre, et mieux vaut les connaître avant de signer un bon de commande.

1. Une habitabilité arrière décevante

Pour un SUV urbain, on pourrait espérer mieux à l’arrière. Entre la ligne de toit plongeante et le style très travaillé, l’espace n’est pas roi :

  • Places arrière plutôt étriquées pour les grands
  • Vitrage réduit, sensation de confinement
  • Banquette correcte pour des enfants, moyenne pour des adultes sur longs trajets

Si vous avez deux ados d’1,80 m, ils vont rapidement lever un sourcil. Si c’est surtout pour des enfants plus jeunes, ça passera.

2. Une ergonomie parfois… artistique

Le style intérieur a un prix : l’ergonomie. Les commandes façon losanges, les boutons tactiles intégrés au décor, ça en jette visuellement, mais ce n’est pas toujours hyper intuitif au quotidien.

On se retrouve parfois à chercher :

  • Où désactiver rapidement une fonction
  • Comment régler une commande sans quitter la route des yeux
  • Certains boutons cachés ou peu accessibles

On s’y fait, mais on est loin du « plug-and-play » d’une interface plus simple type Tesla ou même certaines compactes généralistes.

3. Autonomie réelle : correcte, mais sans miracle

Sur le papier, les 320 km WLTP laissent espérer des journées tranquilles. En réalité, ça dépend beaucoup de votre usage :

  • En ville / périurbain calme : 230–260 km réels sont envisageables avec une conduite souple
  • Mix ville/route : comptez plutôt 200–230 km
  • Autoroute à 130 km/h : on tombe parfois autour de 150–180 km selon conditions

La consommation tourne souvent entre 17 et 20 kWh/100 km selon profil de route et température. Correct, sans être parmi les meilleures du marché. Pour un usage majoritairement urbain, ça reste largement suffisant. Pour les gros rouleurs d’autoroute, c’est une autre histoire.

4. Recharge rapide correcte, mais sensible aux conditions

La DS3 E-Tense accepte jusqu’à 100 kW en DC, mais comme souvent, ce chiffre est à prendre comme un « pic » théorique. Dans la vraie vie :

  • On est plus souvent entre 50 et 80 kW sur durée significative
  • La courbe de charge chute assez vite après 60–70 % de batterie
  • Par temps froid, la puissance de charge peut être nettement limitée si la batterie n’est pas préparée

Pour un trajet occasionnel, ça permet quand même de récupérer 80 % en environ 30 à 40 minutes sur une bonne borne. Mais ce n’est pas une reine de l’avalage de kilomètres autoroutiers.

5. Un prix neuf élevé par rapport à certaines concurrentes

En neuf, la DS3 Crossback électrique se positionne clairement dans le premium. Problème : face à elle, on trouve :

  • Des compactes électriques plus logeables pour un tarif proche
  • Des modèles asiatiques mieux équipés pour parfois moins cher
  • Des Tesla Model 3 ou Model Y agressives en prix au fil des baisses tarifaires

Heureusement pour l’acheteur d’aujourd’hui, la décote sur les premiers millésimes rend les modèles d’occasion nettement plus attractifs. Mais en sortie de concession, le rapport prix/prestations n’est pas son plus gros argument.

Coûts d’usage au quotidien : combien ça vous coûte vraiment ?

Passons à la partie qui intéresse le portefeuille : combien coûte une DS3 Crossback électrique à l’usage, une fois l’achat (neuf ou occasion) digéré ?

1. Électricité : des coûts au kilomètre imbattables

En supposant une consommation moyenne de 18 kWh/100 km, ce qui est réaliste sur un usage mixte :

  • À 0,20 €/kWh (tarif domestique courant) → 3,60 € / 100 km
  • À 0,25 €/kWh → 4,50 € / 100 km

En comparaison, une citadine essence qui consomme 6 L/100 km à 1,80 €/L, c’est plus de 10 € / 100 km. L’écart reste très net en faveur de l’électrique, tant que vous rechargez majoritairement à domicile ou au travail.

Si vous rechargez principalement sur bornes rapides payantes, les coûts peuvent grimper (0,40 à 0,75 €/kWh selon opérateur) et là, l’avantage fond comme neige au soleil. Cette voiture fait économiser sérieusement si vous avez une solution de recharge privée.

2. Entretien : léger et prévisible

Comme toutes les électriques, il n’y a :

  • Ni vidange moteur
  • Ni courroie de distribution
  • Ni embrayage à remplacer

Reste :

  • Les contrôles périodiques
  • Le liquide de frein
  • Le filtre d’habitacle
  • Les pneus (le couple instantané aime bien les user si on a le pied lourd)

Globalement, l’entretien est moins cher qu’un modèle thermique équivalent, surtout sur plusieurs années. Les retours propriétaires montrent peu de gros pépins mécaniques récurrents sur la partie électrique, ce qui est rassurant.

3. Assurance : premium, mais pas délirant

La DS3, avec son positionnement haut de gamme, peut coûter un peu plus cher à assurer qu’une citadine généraliste classique. Mais on est loin des montants stratosphériques d’une grosse berline électrique ou d’un SUV de 400 ch.

Le tarif dépendra surtout :

  • De votre profil (bonus/malus, historique, zone géographique)
  • De la valeur du véhicule (neuf vs occasion, finition, équipements)
  • Du niveau de couverture choisi (tous risques vs tiers étendu)

Sur une DS3 E-Tense d’occasion, de nombreux propriétaires rapportent des primes assez comparables à celles d’un SUV essence moderne de même valeur.

4. Décote : douloureuse pour le premier propriétaire, intéressante en seconde main

Comme beaucoup d’électriques lancées entre 2019 et 2022, la DS3 a connu une décote rapide :

  • Offres agressives sur le neuf
  • Arrivée massive de nouvelles concurrentes
  • Évolution rapide des technologies (nouvelles batteries, plus d’autonomie)

Résultat : pour l’acheteur d’occasion, c’est plutôt une bonne nouvelle. Les prix se sont nettement détendus, avec des modèles bien équipés disponibles à des valeurs plus raisonnables.

Pour l’acheteur neuf, il faut être conscient que la valeur de revente ne sera pas son point fort à court terme. Encore plus si les politiques de bonus/malus et aides publiques continuent de fluctuer.

Pour quel profil d’automobiliste la DS3 électrique a vraiment du sens ?

Une voiture, ce n’est pas qu’une fiche technique : c’est aussi (et surtout) un usage. La DS3 Crossback E-Tense ne conviendra pas à tout le monde, mais pour certains profils, elle est parfaitement pertinente.

Elle est idéale si :

  • Vous faites principalement des trajets quotidiens de moins de 80 km par jour
  • Vous avez une place de parking avec possibilité de recharge (prise ou wallbox)
  • Vous roulez majoritairement en ville et sur routes limitées à 80/110 km/h
  • Vous accordez une vraie importance au confort et à l’ambiance intérieure
  • Vous aimez le style DS et que le côté « différent » vous attire

Elle est moins adaptée si :

  • Vous faites souvent des longs trajets autoroutiers (plus de 300–400 km d’une traite)
  • Vous transportez régulièrement 3 adultes à l’arrière
  • Vous cherchez avant tout le meilleur rapport autonomie/prix
  • Vous n’avez aucune possibilité de recharge à domicile ou au travail

Disons-le clairement : c’est une voiture urbain-périurbain premium, plus qu’une routière infatigable. Pour faire du Paris–Marseille tous les mois, il existe des électriques mieux armées.

Quelques conseils si vous envisagez l’achat d’une DS3 Crossback électrique

Si vous commencez sérieusement à lorgner sur les annonces de DS3 E-Tense, voici quelques points à vérifier pour éviter les mauvaises surprises.

1. Privilégiez les versions avec chargeur 11 kW si possible

Pour ceux qui ont accès à une borne AC 11 kW (ou 7,4 kW à domicile), le chargeur embarqué plus puissant permet de réduire nettement les temps de charge. Sur le long terme, c’est un vrai confort d’usage :

  • Nuit de 7–8 heures = batterie pleinement rechargée
  • Petit passage sur borne publique = recharge significative en peu de temps

Vérifiez bien la fiche technique du véhicule convoité et, si possible, testez une recharge avant achat.

2. Inspectez bien l’état des jantes et pneus

Entre le couple électrique et les jantes parfois généreuses en 18 pouces, la DS3 peut user ses pneus plus vite qu’une thermique molle. De plus, le gabarit urbain et les trottoirs ne font pas bon ménage avec les jantes coûteuses.

Point à vérifier :

  • Usure homogène des pneus
  • Absence de choc visible sur les jantes
  • Pas de vibration anormale à vitesse stabilisée

3. Regardez l’historique de recharge

Si le propriétaire précédent utilisait principalement la charge rapide DC, ce n’est pas interdit, mais une utilisation quasi exclusive sur borne rapide n’est pas idéale pour la longévité de la batterie.

Idéalement :

  • Usage majoritaire de la recharge AC à domicile ou au travail
  • Quelques charges rapides occasionnelles pour les longs trajets

Demandez, si possible, un rapport d’état de batterie chez DS ou un concessionnaire Stellantis : certaines concessions peuvent fournir une estimation de l’état de santé (SOH).

4. Anticipez vos besoins de recharge à domicile

Avant même d’acheter la voiture, assurez-vous que :

  • Vous pouvez installer au minimum une prise renforcée (type Green’Up)
  • Ou mieux, une wallbox de 7,4 kW ou plus, si votre installation le permet
  • Votre syndic (en copropriété) ou propriétaire est d’accord, si nécessaire

Une DS3 électrique sans solution de recharge pratique, c’est un peu comme une moto sans casque : ça peut fonctionner, mais c’est vite pénible, voire risqué pour votre tranquillité d’esprit.

5. Faites un essai sur vos parcours habituels

Les fiches techniques et les avis, c’est bien. Mais rien ne remplace un essai d’au moins une demi-journée sur votre trajet type :

  • Maison → travail
  • Courses
  • Route périurbaine ou voie rapide

Vous verrez rapidement si :

  • L’autonomie réelle est suffisante pour vos besoins
  • L’ergonomie vous convient
  • Le confort et l’insonorisation vous séduisent vraiment

Et surtout, si vous avez ce petit sourire à chaque fois que vous montez dedans. Parce qu’au fond, une voiture, surtout une DS3 électrique, ça doit aussi donner envie de prendre le volant, même pour aller acheter du pain.