Actus Auto

124 spider Abarth : prix, performances et avis sur le roadster italien

124 spider Abarth : prix, performances et avis sur le roadster italien

Il existe des voitures que l’on choisit avec la raison, et d’autres que l’on achète avec un sourire impossible à dissimuler. L’Abarth 124 Spider appartient clairement à la seconde catégorie. Avec son capot interminable, ses deux places, sa capote en toile et son échappement qui semble avoir avalé un expresso italien, le roadster transalpin ne cherche pas à être pratique. Il veut faire de chaque virage un petit événement.

Commercialisée entre 2016 et 2019 en Europe, puis produite jusqu’en 2020 selon les marchés et les séries, l’Abarth 124 Spider reste une sportive singulière. Elle partage sa base avec la Mazda MX-5 ND, mais son moteur, son tempérament et sa présentation lui donnent une personnalité bien différente. Alors, que vaut-elle aujourd’hui ? Quel prix faut-il prévoir, quelles sont ses performances et quels pièges éviter avant de signer ?

Un roadster italo-japonais au caractère bien trempé

Sous ses airs de petite Fiat 124 Spider vitaminée, l’Abarth 124 Spider cache une recette plutôt originale. La plateforme et une grande partie de la structure proviennent de la Mazda MX-5. La voiture est toutefois assemblée au Japon, tandis que son moteur et sa mise au point sont associés à l’univers Abarth. Un drôle de mariage, mais un mariage réussi : la rigueur japonaise rencontre le tempérament italien.

Esthétiquement, l’Abarth se distingue immédiatement de la Fiat 124 Spider. Boucliers plus agressifs, capot bombé, diffuseur arrière, jantes spécifiques, badges Abarth et double sortie d’échappement : le roadster affiche davantage ses intentions. Certaines versions reçoivent même une livrée bicolore ou un capot noir mat qui rappelle les anciennes voitures de compétition.

À bord, l’ambiance est sportive sans tomber dans le décor de salle de jeux vidéo. La position de conduite est basse, les commandes sont assez simples et l’espace reste compté. Ici, pas de boîte à gants capable d’engloutir un casque ni de rangements dignes d’un monospace. Le coffre affiche environ 140 litres : suffisant pour deux sacs souples, beaucoup moins pour préparer un déménagement.

Prix de l’Abarth 124 Spider : combien faut-il prévoir ?

Lors de son lancement, l’Abarth 124 Spider était facturée autour de 40 000 euros en France, selon la finition et les options. Les versions les plus équipées ou dotées du pack Performance grimpaient logiquement davantage. Son tarif dépassait celui d’une Mazda MX-5 équivalente, mais l’Abarth proposait une mécanique plus musclée et une présentation plus exclusive.

Aujourd’hui, il faut essentiellement se tourner vers le marché de l’occasion. Les prix varient selon le kilométrage, l’année, l’état général et la configuration. À titre indicatif, on peut observer plusieurs niveaux :

  • environ 20 000 à 24 000 euros pour un exemplaire kilométré ou affichant quelques défauts esthétiques ;
  • entre 24 000 et 30 000 euros pour une voiture correctement suivie, avec un kilométrage raisonnable ;
  • plus de 30 000 euros pour une version peu kilométrée, bien équipée ou appartenant à une série spéciale ;
  • au-delà, certaines voitures très propres ou richement configurées peuvent être affichées à des tarifs particulièrement ambitieux.

La cote se montre relativement résistante, notamment parce que l’Abarth 124 Spider reste rare sur le marché. Sa production limitée joue en sa faveur, tout comme son statut de cabriolet sportif thermique à l’heure où les modèles neufs deviennent plus lourds, plus filtrés et souvent plus chers.

Attention toutefois à ne pas confondre rareté et valeur automatique. Une voiture affichée 5 000 euros au-dessus du marché ne devient pas subitement une pièce de collection parce qu’elle possède quatre autocollants et une ligne d’échappement bruyante. L’historique d’entretien, l’absence de choc et la cohérence du kilométrage restent prioritaires.

Un moteur turbo de 170 chevaux

L’Abarth 124 Spider reçoit un quatre-cylindres 1.4 MultiAir turbo développant 170 chevaux et environ 250 Nm de couple. Ce moteur n’est pas le plus noble en matière de sonorité ou de montée en régime, mais il offre une belle disponibilité à mi-régime. Dans une voiture légère, cela suffit largement à donner du relief aux accélérations.

Avec un poids contenu autour de 1 060 à 1 075 kg selon la configuration, le roadster affiche un rapport poids-puissance intéressant. L’exercice du 0 à 100 km/h est réalisé en un peu plus de six secondes, tandis que la vitesse maximale dépasse légèrement les 230 km/h. Des chiffres sérieux, mais ce n’est pas vraiment sur autoroute que l’Abarth révèle son talent.

Son terrain de jeu préféré ? Une route secondaire sinueuse, avec du relief, quelques épingles et une météo clémente. Le turbo pousse franchement, la voiture s’inscrit facilement dans les courbes et les relances sont suffisamment énergiques pour donner envie de recommencer le parcours dans l’autre sens. Puis encore une fois. Et soudain, le trajet prévu pour acheter du pain devient une excursion de 80 kilomètres.

Des performances qui privilégient les sensations

L’Abarth 124 Spider n’est pas une sportive radicale au sens moderne du terme. Elle ne cherche pas à écraser le chronomètre avec une avalanche de puissance. Son intérêt réside plutôt dans l’équilibre entre légèreté, propulsion et sensations mécaniques.

La direction est directe et le train avant donne rapidement confiance. La voiture se place naturellement, sans demander une lutte permanente avec le volant. La propulsion permet de jouer avec les transferts de masse, mais l’ESP veille au grain. En mode Sport, l’électronique laisse davantage de liberté, tout en conservant une marge de sécurité appréciable sur route ouverte.

Le châssis peut être associé à des amortisseurs Bilstein et à un différentiel autobloquant mécanique dans le cadre du pack Performance. Ces équipements changent sensiblement le comportement. Le différentiel améliore la motricité en sortie de virage, tandis que les amortisseurs offrent un maintien plus rigoureux. Pour une utilisation régulière sur petites routes, c’est une configuration particulièrement recherchée.

La voiture n’est pas exempte de défauts. Les suspensions peuvent se montrer fermes sur les revêtements dégradés, surtout avec certaines jantes et des pneus sportifs. Le train arrière demande aussi un peu de respect lorsque la chaussée est humide. Rien d’inquiétant pour un conducteur attentif, mais il ne faut pas prendre les 124 chevaux supplémentaires par rapport à une MX-5 comme une invitation à conduire avec les coudes par la fenêtre.

Boîte manuelle ou automatique ?

L’Abarth 124 Spider a été proposée avec une boîte manuelle à six rapports et une boîte automatique à six vitesses. La boîte manuelle est généralement la plus appréciée par les amateurs de conduite. Elle offre un maniement agréable et permet de mieux exploiter le caractère du moteur sur les routes sinueuses.

La boîte automatique n’est pas à bannir pour autant. Elle convient davantage à une utilisation quotidienne ou à ceux qui veulent profiter du cabriolet sans multiplier les changements de rapport dans les bouchons. Elle perd toutefois une partie du charme mécanique de l’ensemble. Dans une voiture aussi compacte et expressive, chaque action compte : tourner le volant, freiner, rétrograder. Pourquoi retirer l’un des ingrédients de la recette ?

Pour un achat d’occasion, l’essai doit permettre de vérifier la douceur des passages de rapports, l’absence d’à-coups et la cohérence du fonctionnement à froid comme à chaud. Sur une boîte manuelle, l’embrayage et la synchronisation des rapports méritent également une attention particulière, surtout sur une voiture ayant connu les journées circuit.

Le fameux échappement Record Monza

L’un des grands arguments de l’Abarth 124 Spider s’appelle Record Monza. Cet échappement sport, proposé selon les finitions et les options, contribue fortement à l’identité sonore de la voiture. À bas régime, il sait rester relativement civilisé. En accélération, il donne une voix plus métallique et plus présente au petit quatre-cylindres.

Le résultat ne fera pas croire à un V6 italien, soyons honnêtes. Mais il ajoute une dimension émotionnelle qui manque à beaucoup de sportives modernes. La voiture semble plus vivante, plus théâtrale. Capote ouverte, route bordée d’arbres et tunnel approchant : le cerveau sait parfaitement qu’il faudrait rester raisonnable, mais l’échappement propose une autre philosophie.

Lors d’un achat, il faut vérifier que la ligne montée est homologuée et correctement installée. Certaines modifications effectuées par des propriétaires peuvent compliquer le contrôle technique ou générer des bruits parasites. Un échappement expressif, oui ; une conversation impossible avec le passager à 90 km/h, un peu moins.

Fiabilité et entretien : les points à surveiller

Le moteur 1.4 MultiAir turbo est connu dans d’autres modèles du groupe Fiat, mais il réclame un entretien sérieux. Les vidanges doivent être réalisées avec une huile adaptée et selon les préconisations du constructeur. Un historique limpide est préférable à une voiture moins chère dont le vendeur résume l’entretien par un vague « tout a été fait ».

Avant l’achat, plusieurs vérifications sont utiles :

  • contrôler les factures et la régularité des vidanges ;
  • écouter le moteur à froid et repérer d’éventuels bruits anormaux ;
  • vérifier l’absence de fumée excessive à l’accélération ;
  • examiner l’embrayage, la boîte et le différentiel lors de l’essai ;
  • inspecter la capote et son mécanisme, notamment les joints et les zones de frottement ;
  • chercher d’éventuelles traces de corrosion ou de réparation après accident ;
  • contrôler l’usure des pneus, qui peut révéler une géométrie mal réglée ou une conduite particulièrement sportive.

La capote en toile est simple à manipuler et participe au charme du modèle. Elle doit toutefois être examinée avec soin. Une toile abîmée, des infiltrations ou des joints fatigués peuvent rapidement alourdir la facture. L’habitacle étant compact, la moindre fuite devient vite visible, surtout après une nuit de pluie bretonne ou un lavage un peu enthousiaste.

À l’usage : plaisir maximal, compromis assumés

Sur route, l’Abarth 124 Spider est une voiture attachante. Elle donne l’impression de rouler vite sans exiger des vitesses déraisonnables. C’est une qualité devenue rare. On profite de la position basse, du vent, des changements de rythme et de la proximité avec le paysage. Même un trajet banal prend une allure de sortie spéciale.

En revanche, il faut accepter ses limites. L’insonorisation est moyenne, le coffre est minuscule et l’accès à bord demande un peu de souplesse. Les grands gabarits ne seront pas forcément à leur aise, notamment avec le volant et les réglages de siège. Quant aux longs trajets autoroutiers, ils sont possibles, mais rarement reposants avec la capote fermée et les pneus sportifs.

La consommation dépend beaucoup du rythme. En conduite tranquille, il est possible de rester autour de 7 à 8 litres aux 100 km. En profitant régulièrement du turbo et du châssis, la moyenne grimpe facilement. Ce n’est pas extravagant au regard des performances, mais l’Abarth n’est pas une citadine économique déguisée en roadster.

Face à la Mazda MX-5, laquelle choisir ?

La comparaison avec la Mazda MX-5 est inévitable. La japonaise offre souvent une conduite plus légère, plus progressive et davantage centrée sur la finesse du châssis. Son moteur atmosphérique invite à monter dans les tours, tandis que l’Abarth mise sur le couple du turbo et une ambiance plus spectaculaire.

La MX-5 peut séduire les conducteurs qui recherchent la pureté et la simplicité. L’Abarth conviendra davantage à ceux qui veulent une voiture plus démonstrative, plus exclusive et plus punchy en relance. Ce sont deux interprétations d’une même idée : une petite propulsion légère, une capote manuelle et beaucoup de plaisir sans attendre la prochaine ère glaciaire des voitures de sport.

Notre avis sur l’Abarth 124 Spider

L’Abarth 124 Spider est un roadster de caractère, imparfait mais terriblement attachant. Son moteur turbo manque peut-être de noblesse face à des mécaniques plus prestigieuses, mais il compense par son couple et son tempérament. Son châssis, surtout avec le pack Performance, offre un bel équilibre entre efficacité et amusement. Quant à sa sonorité, elle transforme chaque tunnel en salle de concert miniature.

Son prix d’occasion reste élevé, mais il s’explique par une production limitée et une personnalité devenue rare. À condition de choisir un exemplaire bien entretenu, sans modifications douteuses et avec un historique complet, l’achat peut être pertinent pour qui cherche une seconde voiture plaisir.

Alors, faut-il craquer ? Si vous avez besoin d’un coffre immense, de quatre places et d’un confort de limousine, passez votre chemin. Si vous cherchez une petite machine à sourire, capable de rendre mémorable une simple balade du dimanche, l’Abarth 124 Spider mérite clairement un essai. Elle ne transporte pas seulement deux personnes : elle transporte une humeur.