La Peugeot 106 verte, une petite lionne qui n’a pas dit son dernier mot
Dans le paysage automobile des années 1990, la Peugeot 106 avait tout d’une citadine bien née : compacte, légère, facile à conduire et suffisamment maligne pour se faufiler partout. Aujourd’hui, lorsqu’elle se pare d’une robe verte, elle attire immédiatement le regard. Il faut dire qu’une 106 vert bouteille ou vert métallisé dans le flot des SUV gris et noirs, c’est un peu comme une mobylette au milieu d’un cortège de maxi-scooters : simple, attachant et résolument différent.
La Peugeot 106 verte n’est pas toujours une série limitée identifiée par un nom unique. Cette appellation peut désigner une 106 équipée d’une teinte verte d’origine, une série spéciale comme la 106 Green selon les millésimes, ou tout simplement un exemplaire repeint au cours de sa vie. Avant de sortir le chéquier, il est donc essentiel de distinguer la couleur, la finition et l’état réel de l’auto.
Une histoire commencée en 1991
La Peugeot 106 apparaît en 1991 pour remplacer progressivement la vieillissante 104. Elle vient se positionner sous la 205, avec une recette particulièrement efficace : un gabarit réduit, des motorisations simples et une conception pensée pour la ville. À l’époque, une citadine devait encore pouvoir se garer sans caméra à 360 degrés et démarrer sans passer par trois menus dans un écran tactile. La 106 répondait parfaitement à cette philosophie.
Produite principalement à Mulhouse, puis dans d’autres sites du groupe PSA, la 106 a connu une longue carrière jusqu’en 2003. Elle a évolué en deux grandes phases. La première génération, lancée au début des années 1990, présente un style assez carré et des équipements modestes. Le restylage de 1996 lui apporte une face avant plus douce, des boucliers redessinés et une présentation mieux dans l’air du temps.
Durant sa carrière, la 106 a été proposée avec plusieurs moteurs essence et diesel. Les petits blocs essence de 1,0, 1,1 et 1,4 litre ont constitué l’essentiel de la gamme. Les amateurs de sensations se souviennent surtout des XSi et S16, tandis que les conducteurs cherchant l’économie pouvaient se tourner vers les versions diesel.
La couleur verte a accompagné plusieurs périodes de la carrière de la 106. Selon l’année, il peut s’agir d’un vert uni, d’un vert métallisé ou d’une teinte associée à une finition particulière. Les catalogues Peugeot de l’époque mélangeaient parfois les appellations commerciales et les codes peinture : la référence figurant sur l’étiquette du véhicule reste donc plus fiable qu’une annonce parlant vaguement de « vert Peugeot ».
Que signifie réellement “Peugeot 106 Green” ?
Le terme Green peut prêter à confusion. Dans certains cas, il désigne une série spéciale commercialisée avec une présentation spécifique, souvent caractérisée par une teinte verte, une sellerie assortie ou quelques éléments décoratifs. Dans d’autres annonces, “Green” est simplement utilisé pour décrire la couleur de la carrosserie ou pour rendre le modèle plus séduisant.
Il ne faut donc pas automatiquement associer une 106 verte à la 106 électrique. La 106 Électrique existe bel et bien, mais elle constitue une déclinaison très particulière. Développée avec la technologie électrique de l’époque, elle a notamment été utilisée par des collectivités, des entreprises et des administrations. Son autonomie et ses performances sont aujourd’hui limitées, tandis que la disponibilité des pièces liées aux batteries peut compliquer la restauration.
Une 106 verte équipée d’un moteur essence classique est généralement beaucoup plus simple à entretenir. Pour identifier précisément l’exemplaire convoité, il faut examiner :
- la finition inscrite sur les documents du véhicule ;
- le code peinture présent sur l’étiquette constructeur ;
- la motorisation et sa puissance fiscale ;
- la date de première mise en circulation ;
- les équipements réellement montés d’origine ;
- la cohérence entre la carrosserie, l’habitacle et les factures d’entretien.
Une fiche technique simple, mais encore pertinente
La Peugeot 106 est une petite voiture au format très raisonnable. Elle mesure environ 3,56 mètres de long selon les versions et affiche un poids contenu, souvent inférieur à une tonne pour les modèles essence les plus simples. Cette légèreté est l’un de ses grands atouts : elle permet de conserver une consommation modérée avec des moteurs de faible cylindrée.
Les versions 1.0 et 1.1 litre sont les plus adaptées à un usage urbain et périurbain. Elles ne transforment pas la 106 en voiture de rallye, mais leur souplesse suffit pour les trajets quotidiens. Le moteur 1.4 litre apporte davantage d’aisance sur route et autoroute, au prix d’une consommation légèrement supérieure. Quant aux versions sportives, elles appartiennent à un autre univers et affichent désormais des prix bien plus élevés.
La boîte manuelle à cinq rapports est la configuration la plus courante. Certaines versions ont également existé avec une boîte automatique, plus rare et potentiellement plus coûteuse à remettre en état. La direction, les commandes et la présentation restent très classiques. Pas de reconnaissance vocale, pas de freinage automatique d’urgence, pas de climatisation pilotée par intelligence artificielle : la 106 vous demande simplement de tourner la clé et de conduire.
À bord, l’espace est correct pour deux adultes à l’avant. Les places arrière conviennent surtout à de courts trajets, notamment dans les versions trois portes. Le coffre est adapté aux courses et aux petits bagages, mais il ne faut pas lui demander de transporter le contenu d’un déménagement. La banquette rabattable améliore toutefois la polyvalence.
Pourquoi la couleur verte lui va si bien
La 106 possède des lignes simples et compactes qui se marient très bien avec les couleurs franches. Une teinte verte lui donne une personnalité plus chaleureuse qu’un blanc utilitaire ou qu’un gris classique. Le vert foncé renforce son côté rétro, tandis qu’un vert plus vif lui apporte une allure presque ludique.
Cette couleur peut aussi constituer un avantage sur le marché de l’occasion. Les acheteurs recherchent souvent des exemplaires qui sortent de l’ordinaire, surtout dans le cadre d’un achat plaisir ou d’une première voiture ancienne. Une 106 verte bien conservée attire davantage l’œil qu’un modèle banal, à condition que la peinture soit réellement d’origine ou que la rénovation ait été réalisée proprement.
Attention toutefois aux différences de teinte entre les éléments de carrosserie. Une aile avant plus brillante que la porte, un capot légèrement bleuté ou un hayon d’un vert différent peuvent révéler une réparation ancienne. Ce n’est pas nécessairement rédhibitoire, mais cela mérite une explication. Une 106 de plus de vingt ans peut avoir connu quelques contacts avec des potelets, des portières et autres ennemis naturels de la carrosserie citadine.
Les points à vérifier avant l’achat
L’état général compte beaucoup plus que la couleur. Une 106 verte séduisante sur les photos peut cacher une mécanique fatiguée ou une corrosion avancée. La première étape consiste à examiner la carrosserie à la lumière naturelle. Il faut rechercher les cloques, les traces de rouille, les différences de peinture et les alignements irréguliers entre les ouvrants.
Les zones sensibles comprennent les bas de caisse, les passages de roue, les planchers et le dessous du coffre. Une inspection sur pont est particulièrement utile. Les fuites d’huile, les suintements de liquide de refroidissement et les traces de réparation sous la voiture doivent être pris au sérieux.
Sur le plan mécanique, les moteurs essence de la 106 sont généralement robustes lorsqu’ils ont été entretenus. Le carnet d’entretien est cependant plus instructif que le discours du vendeur. Il faut vérifier les vidanges, le remplacement de la courroie de distribution lorsqu’elle est concernée, l’état de l’embrayage et le fonctionnement du circuit de refroidissement.
- Contrôler le démarrage à froid, et non uniquement moteur déjà chaud.
- Écouter les bruits de roulement, de cardan ou de courroie.
- Tester l’embrayage : une pédale très dure ou un patinage sont de mauvais signes.
- Vérifier la tenue de route et l’absence de vibrations au freinage.
- Inspecter les pneus, souvent négligés sur les petites voitures anciennes.
- Tester tous les équipements électriques : vitres, essuie-glaces, ventilation, éclairage et verrouillage.
- Comparer le kilométrage affiché avec l’usure du volant, des pédales et du siège conducteur.
Le train arrière mérite une attention particulière. Comme sur d’autres modèles Peugeot de cette époque, ses roulements et ses bras peuvent s’user. Une roue arrière inclinée ou un comportement étrange sur route peuvent signaler une intervention coûteuse. Ce point ne doit pas être oublié sous prétexte que la voiture est petite et peu chère.
Quel prix pour une Peugeot 106 verte d’occasion ?
Les prix varient fortement selon la motorisation, le kilométrage, la finition et l’état. Une 106 verte classique, roulante mais présentant quelques défauts esthétiques, peut se trouver autour de 1 500 à 2 500 euros. À ce niveau, il faut prévoir un budget d’entretien immédiat et ne pas se laisser hypnotiser par une peinture brillante.
Un exemplaire sain, entretenu, avec un contrôle technique cohérent et une carrosserie correcte se situe plus souvent entre 2 500 et 4 500 euros. Les modèles affichant un faible kilométrage, une première main ou un historique complet peuvent dépasser cette fourchette, surtout si leur configuration est originale.
Les séries spéciales bien identifiées et les exemplaires dans un état proche de l’origine peuvent atteindre 5 000 euros ou davantage. Les versions sportives, comme la Rallye, la XSi ou la S16, jouent dans une autre catégorie. Leur cote est soutenue par les collectionneurs et les amateurs de youngtimers. Une simple 106 verte ne doit donc pas être valorisée comme une S16 uniquement parce qu’elle possède une couleur rare.
La 106 électrique constitue encore un cas à part. Sa valeur dépend autant de son intérêt historique que de l’état de ses batteries, de son système de charge et de la disponibilité des composants. Un prix attractif peut rapidement être dépassé par une remise en état complexe. Dans ce domaine, l’avis d’un spécialiste est presque indispensable.
Une bonne première voiture ou un youngtimer attachant ?
La Peugeot 106 verte peut encore faire une excellente première voiture si son usage reste raisonnable. Elle est compacte, peu coûteuse à assurer dans les versions modestes et relativement accessible pour un mécanicien amateur. Son absence d’électronique sophistiquée facilite aussi certaines réparations.
En revanche, elle n’offre pas le niveau de sécurité d’une citadine moderne. L’ABS, les airbags et les aides à la conduite ne sont pas présents sur toutes les versions, loin de là. Sur autoroute ou dans un environnement très dense, il faut donc adopter une conduite prudente et garder une distance de sécurité généreuse.
Pour un usage quotidien, il faut également anticiper les restrictions de circulation liées aux zones à faibles émissions. Selon la motorisation et la date de première immatriculation, une 106 essence ou diesel peut être concernée par les règles locales. Avant l’achat, vérifier la vignette Crit’Air et les conditions applicables dans les villes fréquentées évite une mauvaise surprise administrative.
Comme seconde voiture, véhicule de promenade ou base de projet rétro, elle possède en revanche de sérieux arguments. Elle consomme peu, se gare partout et procure une sensation de légèreté devenue rare. Une balade au volant d’une 106 verte rappelle qu’une voiture peut encore être amusante sans afficher 300 chevaux ni posséder un écran plus grand que le pare-brise.
Les bons réflexes pour acheter au juste prix
Il est préférable de comparer plusieurs annonces avant de se décider. Les photos doivent montrer les bas de caisse, le compartiment moteur, les jantes, les sièges et le dessous du coffre. Une annonce qui ne présente que trois vues flatteuses de la carrosserie mérite quelques questions supplémentaires.
Demandez le procès-verbal du contrôle technique, les factures et le nombre de propriétaires. Vérifiez aussi le rapport d’historique disponible avec le numéro d’immatriculation. Un vendeur sérieux acceptera généralement un essai à froid et une inspection par un professionnel ou un proche connaisseur.
Enfin, gardez une réserve financière. Sur une 106 achetée 2 000 euros, consacrer 500 à 1 000 euros aux pneus, aux freins, aux fluides, à une distribution ou à quelques joints n’a rien d’exceptionnel. Le vrai bon prix n’est pas celui affiché dans l’annonce : c’est celui qui inclut les travaux nécessaires pour repartir sereinement.
La Peugeot 106 verte reste donc une petite automobile pleine de charme, à condition de l’acheter avec les yeux ouverts. Son histoire, sa simplicité mécanique et sa couleur peu commune en font une candidate intéressante pour les amateurs de voitures populaires. Bien choisie, elle ne sera peut-être pas la plus rapide du quartier, mais elle saura certainement être l’une des plus sympathiques.
