12cilindri : le nouveau moteur V12 de Ferrari qui fait sensation

12cilindri : le nouveau moteur V12 de Ferrari qui fait sensation

12cilindri : le nouveau moteur V12 de Ferrari qui fait sensation

Il existe des moteurs que l’on démarre. Et puis il y a ceux qui réveillent tout un quartier, hérissent les poils des bras et donnent soudain envie de prendre la route la plus longue possible. Avec le 12Cilindri, Ferrari appartient clairement à la seconde catégorie. Présenté en 2024 pour succéder à la 812 Superfast, ce grand coupé à moteur avant cache sous son capot un V12 atmosphérique de 6,5 litres. Une espèce que l’on croyait presque condamnée à disparaître, mais qui revient ici avec 830 chevaux, une zone rouge à 9 500 tr/min et un parfum de grand tourisme italien particulièrement corsé.

Dans un marché automobile où chaque gramme de CO2 est traqué comme une mouche dans une cuisine, Ferrari choisit donc une voie pour le moins spectaculaire : continuer à faire chanter douze cylindres en V, sans turbo ni hybridation. Provocation ? Hommage au passé ? Démonstration de savoir-faire ? Un peu des trois, probablement.

Un nom qui résume presque tout

Ferrari n’a pas cherché un nom compliqué. 12Cilindri, prononcé « dodici cilindri », signifie tout simplement « douze cylindres » en italien. Difficile de faire plus explicite. Le constructeur rappelle ainsi l’élément central de cette voiture : son moteur V12 placé à l’avant, comme sur les grandes Ferrari de route qui ont construit la réputation de Maranello.

Le modèle existe en deux carrosseries : une berlinetta deux places et un Spider équipé d’un toit rigide escamotable. Dans les deux cas, l’objectif reste identique : proposer une machine capable d’avaler les kilomètres avec élégance, tout en se transformant en véritable projectile lorsque la route se dégage.

Le 12Cilindri n’est donc pas une remplaçante radicale de la SF90 Stradale. Elle ne mise pas sur une architecture hybride complexe ou sur une transmission intégrale électrique. Elle défend une autre philosophie : celle d’un grand moteur noble, installé derrière l’essieu avant, et d’une voiture qui laisse une place importante aux sensations mécaniques.

Un V12 atmosphérique de 830 chevaux

Sous le long capot se trouve une évolution du V12 Ferrari atmosphérique de 6,5 litres. La puissance atteint 830 chevaux à 9 250 tr/min. Le couple maximal s’établit à 678 Nm à 7 250 tr/min. Des chiffres impressionnants, mais ce qui frappe surtout, c’est la manière dont ils sont délivrés.

Sans turbocompresseur, le moteur répond immédiatement à la moindre pression sur l’accélérateur. Pas de souffle qui arrive avec un léger retard, pas de gros coup de pied artificiel à mi-régime : la montée en régime est progressive, puis de plus en plus intense à mesure que l’aiguille grimpe. Le moteur peut atteindre 9 500 tr/min. À ce moment-là, on ne parle plus vraiment de mécanique : on assiste à une sorte de récital lyrique, avec pistons, soupapes et échappement dans les rôles principaux.

Ferrari a travaillé sur plusieurs éléments pour améliorer la vivacité du bloc :

Le résultat est un moteur qui ne cherche pas seulement à produire beaucoup de puissance. Il veut aussi transmettre une sensation de continuité, comme si la poussée ne s’arrêtait jamais. Sur le papier, 830 chevaux sont déjà vertigineux. Au volant, c’est surtout la disponibilité du moteur et son envie de monter dans les tours qui devraient marquer les esprits.

Des performances dignes d’une supercar

Le 12Cilindri Berlinetta passe de 0 à 100 km/h en environ 2,9 secondes. Le 0 à 200 km/h demande moins de huit secondes, avec un temps annoncé de 7,9 secondes. La vitesse maximale dépasse les 340 km/h. Autrement dit, cette Ferrari n’est pas uniquement une belle grande routière : c’est une machine capable de ridiculiser nombre de sportives pourtant plus compactes et plus radicales.

La transmission repose sur une boîte automatique à double embrayage à huit rapports. Elle peut fonctionner en douceur dans les trajets quotidiens, mais devient particulièrement réactive lorsque le conducteur sélectionne les modes les plus sportifs. Les rapports courts et les changements de vitesse rapides permettent de maintenir le V12 dans sa zone d’expression favorite.

Et parce qu’un moteur de cette puissance ne suffit pas à faire une bonne voiture, Ferrari a également soigné le comportement dynamique. Le 12Cilindri reçoit notamment une direction intégrale aux roues arrière, capable d’améliorer l’agilité dans les virages tout en renforçant la stabilité à haute vitesse. Une technologie très utile sur une voiture longue, large et généreuse en puissance.

Une aérodynamique active discrète mais efficace

Le style du 12Cilindri intrigue immédiatement. Ferrari abandonne certains codes très sculpturaux de la 812 pour adopter une silhouette plus nette, presque minimaliste par endroits. La face avant est large et basse, les projecteurs sont intégrés dans une signature lumineuse horizontale, tandis que la partie arrière adopte un dessin particulièrement travaillé.

Le toit et la lunette arrière forment une ligne fluide qui donne au coupé une allure de grand tourisme moderne. Les éléments aérodynamiques actifs sont intégrés de façon relativement discrète. Les panneaux mobiles situés à l’arrière peuvent modifier l’équilibre entre appui et traînée en fonction de la vitesse et du mode de conduite.

Le but est simple : offrir davantage de stabilité lorsque le rythme s’accélère sans transformer la voiture en avion de chasse couvert d’ailerons. Sur une Ferrari destinée à parcourir de longues distances, cette approche paraît cohérente. Elle permet de préserver l’élégance tout en améliorant l’efficacité aérodynamique.

Ferrari annonce également une répartition des masses optimisée et un travail approfondi sur le châssis. Le constructeur cherche à rendre le 12Cilindri plus précis que la 812, notamment dans les changements d’appui. Le résultat devrait être une voiture plus facile à exploiter, même si « facile » reste un terme relatif lorsqu’on dispose de 830 chevaux sous le pied droit.

Un habitacle pensé comme un cockpit à deux places

À bord, le 12Cilindri adopte une architecture moderne avec plusieurs écrans et une présentation orientée vers le conducteur. Ferrari conserve toutefois une séparation visuelle entre les deux occupants, donnant à chacun un espace distinct. Le passager dispose même d’un écran lui permettant de suivre certaines informations liées à la conduite.

Le volant accueille de nombreuses commandes, comme le sélecteur de modes de conduite manettino, les réglages d’aides électroniques et différentes fonctions de contrôle. Cette profusion peut sembler intimidante au premier regard. Mais elle correspond à la tendance actuelle des Ferrari : rendre accessibles de nombreuses fonctions sans obliger le conducteur à quitter la route des yeux.

Le 12Cilindri n’oublie pas son rôle de grand tourisme. Le coffre permet d’emporter quelques bagages, et l’espace intérieur se veut plus accueillant qu’à bord d’une berlinette radicale. Il ne faut évidemment pas s’attendre à la polyvalence d’un SUV familial. Mais pour deux personnes et un week-end sur les routes alpines, l’ensemble semble nettement plus crédible qu’une supercar purement dédiée au circuit.

Le Spider ajoute une dimension émotionnelle supplémentaire. Son toit rigide escamotable peut s’ouvrir en une vingtaine de secondes, y compris à faible allure. Imaginez une route côtière, le soleil qui descend, et les 12 cylindres qui résonnent sans filtre autour de vous. Voilà une scène qui ne nécessite pas beaucoup d’effets spéciaux.

Le dernier grand V12 sans assistance électrique ?

C’est probablement la question qui accompagne chaque présentation du 12Cilindri. Dans quelle mesure ce moteur peut-il encore survivre dans les prochaines années ? Les normes environnementales deviennent plus sévères, les constructeurs accélèrent leur électrification et les modèles hybrides rechargeables se multiplient dans le segment des voitures de très haute performance.

Ferrari n’abandonne pas pour autant l’hybridation. La marque propose déjà des modèles électrifiés, comme la 296 GTB ou la SF90. Mais le 12Cilindri joue un rôle différent dans la gamme. Il devient une sorte de manifeste mécanique : la preuve que le moteur thermique peut encore être émotionnel, sophistiqué et technologiquement avancé, même sans assistance électrique.

Il ne faut cependant pas confondre passion et absence de contraintes. Ferrari a travaillé sur la consommation, la gestion électronique et l’efficacité globale du moteur. Le 12Cilindri bénéficie de systèmes de désactivation de cylindres dans certaines conditions et d’une gestion moteur capable d’adapter son fonctionnement. Mais soyons honnêtes : acheter une Ferrari V12 de 830 chevaux pour battre des records d’économie n’est pas exactement le scénario le plus probable.

La question se situe ailleurs. Alors que de nombreuses sportives deviennent plus silencieuses et plus complexes, le 12Cilindri conserve une relation directe entre la pédale d’accélérateur, le régime moteur et la bande sonore. Une forme de résistance joyeuse, en quelque sorte. Comme un tourne-disque haut de gamme à l’époque du streaming : moins rationnel, mais terriblement attachant.

Un tarif réservé à une clientèle très particulière

Le 12Cilindri s’adresse évidemment à une clientèle fortunée. Son prix dépasse les 400 000 euros selon la carrosserie et les options. Comme souvent chez Ferrari, la personnalisation peut rapidement faire grimper la facture. Teintes historiques, selleries spécifiques, jantes particulières et finitions sur mesure permettent de transformer chaque exemplaire en pièce presque unique.

La production restera limitée par rapport à celle d’un modèle généraliste, ce qui participe à son exclusivité. Mais l’intérêt du 12Cilindri ne se résume pas à sa rareté. Ferrari tente de proposer une voiture capable de réunir plusieurs personnalités : confortable sur autoroute, expressive sur une route de montagne et redoutable sur circuit.

Cette polyvalence est essentielle. Une supercar moderne ne peut plus se contenter d’être rapide en ligne droite. Elle doit être précise, connectée, confortable et exploitable. Le 12Cilindri semble vouloir cocher toutes ces cases sans sacrifier le caractère de son V12. Un exercice d’équilibriste qui, chez Ferrari, tient parfois davantage de l’artisanat que de la simple ingénierie.

Pourquoi ce modèle fait autant sensation

Le 12Cilindri attire l’attention parce qu’il arrive à contre-courant. Alors que l’industrie automobile parle de batteries, de logiciels et de conduite automatisée, Ferrari présente une voiture dont l’argument principal tient dans une mécanique presque déraisonnable : douze cylindres, 6,5 litres, 9 500 tr/min et un échappement qui promet de ne pas passer inaperçu.

Ce choix ne signifie pas que Ferrari ignore l’avenir. Au contraire, la marque expérimente activement l’hybridation et prépare progressivement sa transition technologique. Mais elle sait aussi qu’une partie de sa clientèle recherche une expérience que les chiffres d’autonomie ou de puissance électrique ne peuvent pas entièrement remplacer.

Le 12Cilindri représente donc un moment particulier dans l’histoire de l’automobile. Il n’est peut-être pas le dernier V12 thermique de Ferrari, mais il pourrait devenir l’un des derniers à incarner aussi directement cette tradition. Pour les passionnés, cela lui donne une importance qui dépasse largement sa fiche technique.

Reste à savoir comment il se comportera sur les petites routes, loin des tableaux de présentation et des chiffres officiels. Car une Ferrari se juge aussi dans les sensations : la précision d’un virage, la manière dont le train avant s’inscrit, le son qui se reflète contre une paroi rocheuse. Et sur ce terrain, le 12Cilindri possède déjà un avantage certain : il arrive avec une voix que l’on reconnaît avant même de le voir.

Quitter la version mobile